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Cultiver son jardin est un acte politique/ Pierre Rabhi
Comment s’étonner que le fossé se creuse entre les citoyens et ceux qui sont censés les représenter ? Qui sent encore qu’il peut participer aux choix qui concernent son avenir ? Nos dirigeants ont certes pris la barre à la suite d’un vote, mais nombre de leurs décisions ne correspondent pas à ce pour quoi ils ont été élus. Leur tâche se limite à un pilotage aléatoire du quotidien, qui n’ouvre aucune perspective d’avenir. Pire : il l’oblitère, en assurant la pérennité d’un modèle de croissance illimitée dont plus personne n’ignore qu’il est incompatible avec la finitude des ressources planétaires.
Malgré notre incroyable technologie,
nous avons inventé la société la moins performante de toute l’histoire
de l’humanité, la plus dispendieuse en termes d’énergie, la plus
destructrice en termes sociaux et la moins résiliente qui soit, car
entièrement dépendante d’un combustible fossile en voie d’épuisement… Et
nous persévérons : ce que nous entendons par « politique » s’apparente à
de l’acharnement thérapeutique sur un système économique moribond.
Tandis que la défiance envers les politiques se normalise, le malaise et
la précarité gagnent du terrain. On blâme tour à tour la mauvaise
gestion de l’État, les exactions des industries, mais peu remettent en
question le principe fondateur de notre société : cette logique de
marché qui confisque aux hommes ce que la nature leur a donné, la vie,
l’eau, la terre, les semences… En poussant la logique actuelle, on
pourrait imaginer un cartel mondial qui posséderait la planète et nous
rendrait tous locataires. Réinventer la politique, c’est protéger nos
sources de vie de cette logique marchande qui ne fait qu’appauvrir des
populations entières et détruire des écosystèmes, dans des pays pourtant
dotés de richesses naturelles. L’écologie est bien plus qu’un pansement
sur les plaies de l’environnement. Elle nous conduit à repenser notre
industrie, notre médecine, notre éducation, notre alimentation… Elle
nous invite à sortir du pillage organisé pour restaurer l’économie dans
sa fonction la plus noble, qui est de répartir les biens de première
nécessité au profit du plus grand nombre. Nos choix de consommation sont
de la politique en actes. Tout ce que nous pouvons faire pour nous
autonomiser, c’est-à-dire pour pourvoir à nos besoins sans passer par
les trusts, est un acte politique. Même notre pays, dit développé, ne
peut plus assurer son autonomie alimentaire. Nous avons tué nos sols à
coups de pesticides, nos eaux sont polluées, nos abeilles disparaissent,
les OGM sont une imposture abjecte. Que le pétrole vienne à manquer et
c’est la famine assurée. C’est pourquoi il est vital de soutenir
l’agriculture, de favoriser la multiplication des Amap (Associations
pour le maintien d’une agriculture paysanne). Cultiver son jardin est
aujourd’hui un acte politique.
le jeudi 08 juillet 2010
Sur son site ici.
le jeudi 08 juillet 2010
Sur son site ici.
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Aberrant/ Souffleur de feuilles...
Ils nous mettent nos nerfs à vif... Qui ?
Lesjardiniers techniciens de surface arrivent en force, avec leur camion, le matin dès 8h15 et démarrent leurs engins bruyants en même temps : souffleuse, débroussailleuse, tondeuse, moteur à essence...
A qui rapporte le crime ???
- à l'employé municipal qui ne pousse plus le balai mais se trimbale avec un moteur de scooter sur le dos ?
- aux administrés qui ont le divin plaisir d'admirer des pelouses automnales sans une feuille morte et qui subissent une pollution auditive quasi quotidiennement ?
- aux employés de mairie qui ont la fierté d'avoir signé de juteux contrats avec des sociétés de jardinages qui peuvent enfin vendre de la "haute technologie" ?
- aux feuilles mortes qui ne se font plus balayées mais soufflées !!!
Vive la souffleuse, vive le progrès.
engin motorisé, lourd, bruyant, demandant de l’entretien et du carburant, est forcément supérieur à un outil simple, silencieux et sobre
le seuil statistiquement significatif pour les atteintes de l’ouïe, ou seuil de nocivité, est largement dépassé (de 10 db(A)) par certains souffleurs.
La qualité de vie étant aujourd’hui une des priorité de nos élus
Aujourd'hui, les agents municipaux ont été dotés de souffleuses thermiques qui rend le travail noble et moderne. Pensez-donc, il s'agit de souffler les feuilles pour en faire un tas, grâce à un outil lourd accroché aux épaules, et qui fait un bruit de tondeuse à gazon mal réglée. Nos agents sont donc équipés de lunettes de protection et de casque anti-bruit, et ils font valser les feuilles un peu partout parce qu'on voit bien que le souffle d'air n'est pas particulièrement simple à maîtriser. En tout cas, ça fait super pro et c'est ce qui est important.
Les souffleuses sont en effet un outil très peu adapté pour les raisons suivantes :
Etat des lieux.
-Risque de projection de poussières
-Gaspillage d'énergie
-Pollution sonore pour les riverains et l'utilisateur ,
-Pollution
- poussière,
- dérangement de la faune et de la flore sur les bordures enherbées,
- production de gaz à effet de serre,
- usage de pétrole ou électricité...
_Evitez de diriger les souffleurs vers des personnes, en particulier des enfants (souffle jusqu'à 150 km/h).
-Excessif et extrémement gênant
Alternatives :
--sauvegarder la qualité de vie
- le balai (et le râteau à feuilles pour les parcs et allées),
- être moins exigeant (s'il reste quelques feuilles, ce n'est pas bien grave, elles seront ramassées au prochain passage),
- laisser quelques feuilles au pied des arbustes sauf pour les Marronniers (maladie de la Mineuse) et le platane (décomposition difficile), ce qui les protège du froid, et nourrit les lombrics (vers de terre) qui vont ainsi enrichir le sol et l'aérer, fournit de la nourriture aux oiseaux tout l'hiver...
-ça ne vaut pas la bonne vieille griffe, et entasser les feuilles dans un coin du jardin et au bout de quelques mois tu avais du terreau ,y'avait même pas besoin de mettre des lombrics, ils remontaient tout seuls attirés par la chaleur humide des feuilles et des débis de tonte en train de se décomposer..
la
satisfaction du technicien.
Beaucoup de ville dans le monde ont interdit ce matériel comme Paris ! Pour qu’elle raison nous devons subir ce préjudice ? Les habitants de Bagneux 92220 sont-ils des citoyens pourris ? A qui ont peut leurs pourrirent la vie ? Il n’y a qu’un arrêté du maire qui peut faire cesser ce désastre !
Cela est plus important que la charte de biodiversité. Il s’agit de notre santé et pas celle des fleurs ou des animaux
La nuisance sonore peut être sanctionnée quand elle est « de nature à porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme par sa durée, sa répétition ou son intensité ».
Les
- à l'employé municipal qui ne pousse plus le balai mais se trimbale avec un moteur de scooter sur le dos ?
- aux administrés qui ont le divin plaisir d'admirer des pelouses automnales sans une feuille morte et qui subissent une pollution auditive quasi quotidiennement ?
- aux employés de mairie qui ont la fierté d'avoir signé de juteux contrats avec des sociétés de jardinages qui peuvent enfin vendre de la "haute technologie" ?
- aux feuilles mortes qui ne se font plus balayées mais soufflées !!!
Vive la souffleuse, vive le progrès.
engin motorisé, lourd, bruyant, demandant de l’entretien et du carburant, est forcément supérieur à un outil simple, silencieux et sobre
le seuil statistiquement significatif pour les atteintes de l’ouïe, ou seuil de nocivité, est largement dépassé (de 10 db(A)) par certains souffleurs.
La qualité de vie étant aujourd’hui une des priorité de nos élus
Aujourd'hui, les agents municipaux ont été dotés de souffleuses thermiques qui rend le travail noble et moderne. Pensez-donc, il s'agit de souffler les feuilles pour en faire un tas, grâce à un outil lourd accroché aux épaules, et qui fait un bruit de tondeuse à gazon mal réglée. Nos agents sont donc équipés de lunettes de protection et de casque anti-bruit, et ils font valser les feuilles un peu partout parce qu'on voit bien que le souffle d'air n'est pas particulièrement simple à maîtriser. En tout cas, ça fait super pro et c'est ce qui est important.
Etat des lieux.
-Risque de projection de poussières
ou de gravillons à plusieurs mètres
Milieu poussiéreux : Port d’un masque de protection respiratoire.-Gaspillage d'énergie
Ne jamais diriger la souffleuse vers d’autres personnes et maintenir une distance de sécurité de 5 mètres autour de soi.
- poussière,
- dérangement de la faune et de la flore sur les bordures enherbées,
- production de gaz à effet de serre,
- usage de pétrole ou électricité...
-les coléoptères et autres insectes présents dans les tas de feuilles mortes ne survivent pas à l’aspiration et au broyage.
-bruit de mobilette, à fond les gaz et juste en bas de nos fenêtres. -Excessif et extrémement gênant
Eléments de protection individuelle
Vêtements appropriés non flottants
Chaussures de sécurité à semelle antidérapante
Lunette-masque de protection
Casque antibruit
Masque respiratoire pour poussières
Vêtement à haute visibilité
Gants
Alternatives :
--sauvegarder la qualité de vie
- le balai (et le râteau à feuilles pour les parcs et allées),
- être moins exigeant (s'il reste quelques feuilles, ce n'est pas bien grave, elles seront ramassées au prochain passage),
- laisser quelques feuilles au pied des arbustes sauf pour les Marronniers (maladie de la Mineuse) et le platane (décomposition difficile), ce qui les protège du froid, et nourrit les lombrics (vers de terre) qui vont ainsi enrichir le sol et l'aérer, fournit de la nourriture aux oiseaux tout l'hiver...
-ça ne vaut pas la bonne vieille griffe, et entasser les feuilles dans un coin du jardin et au bout de quelques mois tu avais du terreau ,y'avait même pas besoin de mettre des lombrics, ils remontaient tout seuls attirés par la chaleur humide des feuilles et des débis de tonte en train de se décomposer..
une année j'y ai même trouvé un orvet.. avoir de la matière organique pour faire un bon terreau.
Les
fabricants sont tenus d’afficher lisiblement la puissance acoustique des engins
utilisés en extérieur. À titre d’exemple, une tondeuse à gazon de
largeur de coupe comprise entre 50 et 70 cm ne peut dépasser 98 décibels de
puissance acoustique. Une motobineuse de puissance électrique inférieure à 15
kW sera limitée à 93 d.
L'émergence diurne de 5+9 dB(A) sur 30" qui passe à 5+6
dB(A) sur 10" et une autre
Pensez aux bébés ! Merci de vous préoccuper de toutes les personnes
allergiques aux poussières polluantes. Le SMOG. Ces assassins précipitent la
mort de personne vulnérable. Participent au réchauffement climatique.
Soyez un acteur actif dans le changement de la politique sur le nettoiement des
voiries. Pratiquer une politique de décroissance des nuisances dans la ville.Beaucoup de ville dans le monde ont interdit ce matériel comme Paris ! Pour qu’elle raison nous devons subir ce préjudice ? Les habitants de Bagneux 92220 sont-ils des citoyens pourris ? A qui ont peut leurs pourrirent la vie ? Il n’y a qu’un arrêté du maire qui peut faire cesser ce désastre !
Cela est plus important que la charte de biodiversité. Il s’agit de notre santé et pas celle des fleurs ou des animaux
il vous appartient de limiter votre impact sonore afin que chacun puisse profiter de sa tranquillité (article R. 1334-31 du code de la santé publique).
Pour prolonger la réflexion.
Un site avec des réflexions intéressantes : ici
Pour en savoir plus : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F612.xhtml
Quelques articles : Sevres
Un article d'Agoravox ici
Quelques articles : Sevres
Un article d'Agoravox ici
Pétition :
"Madame la Ministre, Les souffleurs à feuilles sont un triste et bruyant spectacle. Ces engins gaspillent une énergie fossile et polluent. Ils sont bruyants et obligent le personnel à un équipement de protection lourd. Ils rendent leur présence insupportable à plus de cent mètres à la ronde. S'ils étaient efficaces, ils supprimeraient des emplois non délocalisables... parce qu'un simple râteau, bien manié, est plus efficace : interdisons les. "
"Madame la Ministre, Les souffleurs à feuilles sont un triste et bruyant spectacle. Ces engins gaspillent une énergie fossile et polluent. Ils sont bruyants et obligent le personnel à un équipement de protection lourd. Ils rendent leur présence insupportable à plus de cent mètres à la ronde. S'ils étaient efficaces, ils supprimeraient des emplois non délocalisables... parce qu'un simple râteau, bien manié, est plus efficace : interdisons les. "
Nos Héros
" La vertu s'apprend plus par l'exemple que par les discours ou les
livres. La meilleurs pédagogie, c'est l'action!.
Il faut parler de ceux qui font le bien : les héros, ou simplement les
gens bien, sont à la fois un modèle et un encouragement. Nous en avons
besoin!"
André Conte-Sponville.
Qui sont vos héros ?
Qui sont vos héros ?
A propos des cadeaux
En cette période cruciale, et à propos de Noël... enfin des cadeaux, ce qui n'est déjà pas pareil...
Un article exceptionnellement fort qui résonne particulièrement pendant la COP 21.
"Ils n'ont besoin de rien, ils ont déjà tout, ils ne désirent même rien. Vous leur achetez donc un bonhomme de neige dansant à énergie solaire, une brosse pour le nombril, un déambulateur gonflable, ou une carte du monde à gratter pour identifier les pays visités.
Ces cadeaux semblent amusants le jour de Noël, idiots le deuxième et embarrassants le troisième. Ils finiront à la décharge après douze jours. Pour trente secondes de divertissement douteux, pour un stimulus hédoniste qui ne dure pas plus longtemps qu'une bouffée de nicotine, nous commandons l'utilisation de matériaux dont les impacts se déploieront durant des générations.
En faisant des recherches pour son film L'histoire des trucs, Annie Leonard a découvert que seulement 1% des matériaux entrant dans le flux de notre économie de consommation sont encore utilisés six mois après leur vente. Ces biens sont vite condamnés à la destruction, par obsolescence programmée (s'ils ne fonctionnent plus) ou par obsolescence perçue (s'ils se démodent).
Mais la plupart des produits que nous achetons, surtout à Noël, ne peuvent pas devenir obsolète. Ce terme implique une perte d'utilité mais ils n'ont même jamais eu d'utilité. Après Noël, plus personne n'utilisera ni même ne regardera un chauffe-tasse USB, des lunettes pour voir derrière soi, du papier toilette lumineux, un testeur de vin électronique, un dentifrice au goût de lard ou un tampon J'aime. Ils sont conçus pour susciter des remerciements, peut-être quelques ricanements, puis à être jetés.
La fatuité de ces produits n'a d'égale que la profondeur de leurs impacts : on assemble des matériaux rares, une électronique complexe, de l'énergie pour la fabrication et le transport pour produire des choses totalement inutiles. Les carburants fossiles requis pour la fabrication jusqu'à la consommation sont responsables pour plus de la moitié de notre production de CO2. Nous bousillons la planète pour fabriquer des thermomètres à bain à énergie solaire ou des mini-golf pour toilettes.
Des gens dans l'est du Congo sont massacrés pour faciliter la mise à niveau de smartphones à l'utilité marginale décroissante. Des forêts sont rasées pour fabriquer des planches à fromage personnalisées en forme de cœur. C'est une consommation pathologique : une épidémie mondiale de folie consumériste, rendue si normale par la publicité et les médias que nous ne nous rendons même pas compte de ce qui nous est arrivés.
En 2007, le journaliste Adam Welz a comptabilisé 13 rhinocéros tués par des braconniers en Afrique du Sud. Cette année, 585 ont déjà été abattus. Personne ne sait vraiment pourquoi, mais une hypothèse est que des super riches au Vietnam saupoudrent de la corne de rhinocéros sur leur nourriture ou la sniffent pour étaler leur richesse. C'est grotesque mais c'est à peine différent de ce que tout le monde fait dans les pays industrialisés : saccager le monde vivant pour une consommation inutile.
Cet essor ne s'est pas produit par accident. Nos vie ont été réglées et formatées pour l'encourager. Les gouvernements suppriment les taxes, dérégulent les affaires et manipulent les taux d'intérêt pour stimuler les dépenses. Mais les responsables de ces politiques se posent rarement la question de la finalité de ces dépenses. Lorsque tous les besoins et désirs concevables ont été satisfaits, la croissance dépend de la vente du totalement inutile. La solennité de l'Etat, sa puissance et sa majesté sont attelés à la tâche de nous livrer Terry la tortue qui dit des gros mots.
Des hommes et femmes matures consacrent leur vie à la fabrication et à la commercialisation de ces ordures et dénigrent l'idée de vivre sans. "J'ai toujours tricoté mes cadeaux" dit une femme dans une publicité pour une prise électronique, le narrateur lui répond "vous ne devriez pas". Une publicité pour la dernière tablette de Google montre un père et son fils campant dans les bois. Leur joie provient des fonctions spéciales du Nexus 7. Les meilleures choses dans la vie sont gratuites mais certains ont trouvé le moyen de nous les vendre.
La croissance des inégalités qui a accompagné ce boom de la consommation fait en sorte que la marée montante économique ne soulève plus tous les bateaux. Aux USA, 93% de la croissance des revenus concerne le 1% de la population la plus riche. La vieille excuse consistant à dire qu'il faut foutre la planète en l'air pour aider les pauvres ne tient tout simplement pas. Pour quelques décennies d'enrichissement supplémentaire pour ceux qui possèdent déjà plus d'argent qu'ils ne peuvent en dépenser, les perspectives de tous les autres habitants de cette planète sont revues à la baisse.
Les gouvernements, les médias et les annonceurs ont si bien associé consommation avec prospérité et joie que tenir ce genre de discours anticonsumériste vous expose à l’opprobre et au ridicule. On associe souvent l'idée de consommer moins à de l’autoritarisme. Lorsque le monde devient fou, ceux qui résistent sont dénoncés comme des timbrés.
Cuisinez-leur un gâteau, écrivez-leur un poème, donnez-leur un baiser, racontez-leur une blague, mais pour l'amour du ciel cessez de foutre la planète en l'air pour dire à quelqu'un qu'il compte pour vous car en fait c'est tout le contraire."
Le texte d'origine de George Monbiot en anglais ici.
Le texte traduit ici. Merci à pour la traduction !
Un article exceptionnellement fort qui résonne particulièrement pendant la COP 21.
"Ils n'ont besoin de rien, ils ont déjà tout, ils ne désirent même rien. Vous leur achetez donc un bonhomme de neige dansant à énergie solaire, une brosse pour le nombril, un déambulateur gonflable, ou une carte du monde à gratter pour identifier les pays visités.
Ces cadeaux semblent amusants le jour de Noël, idiots le deuxième et embarrassants le troisième. Ils finiront à la décharge après douze jours. Pour trente secondes de divertissement douteux, pour un stimulus hédoniste qui ne dure pas plus longtemps qu'une bouffée de nicotine, nous commandons l'utilisation de matériaux dont les impacts se déploieront durant des générations.
En faisant des recherches pour son film L'histoire des trucs, Annie Leonard a découvert que seulement 1% des matériaux entrant dans le flux de notre économie de consommation sont encore utilisés six mois après leur vente. Ces biens sont vite condamnés à la destruction, par obsolescence programmée (s'ils ne fonctionnent plus) ou par obsolescence perçue (s'ils se démodent).
Mais la plupart des produits que nous achetons, surtout à Noël, ne peuvent pas devenir obsolète. Ce terme implique une perte d'utilité mais ils n'ont même jamais eu d'utilité. Après Noël, plus personne n'utilisera ni même ne regardera un chauffe-tasse USB, des lunettes pour voir derrière soi, du papier toilette lumineux, un testeur de vin électronique, un dentifrice au goût de lard ou un tampon J'aime. Ils sont conçus pour susciter des remerciements, peut-être quelques ricanements, puis à être jetés.
La fatuité de ces produits n'a d'égale que la profondeur de leurs impacts : on assemble des matériaux rares, une électronique complexe, de l'énergie pour la fabrication et le transport pour produire des choses totalement inutiles. Les carburants fossiles requis pour la fabrication jusqu'à la consommation sont responsables pour plus de la moitié de notre production de CO2. Nous bousillons la planète pour fabriquer des thermomètres à bain à énergie solaire ou des mini-golf pour toilettes.
Des gens dans l'est du Congo sont massacrés pour faciliter la mise à niveau de smartphones à l'utilité marginale décroissante. Des forêts sont rasées pour fabriquer des planches à fromage personnalisées en forme de cœur. C'est une consommation pathologique : une épidémie mondiale de folie consumériste, rendue si normale par la publicité et les médias que nous ne nous rendons même pas compte de ce qui nous est arrivés.
En 2007, le journaliste Adam Welz a comptabilisé 13 rhinocéros tués par des braconniers en Afrique du Sud. Cette année, 585 ont déjà été abattus. Personne ne sait vraiment pourquoi, mais une hypothèse est que des super riches au Vietnam saupoudrent de la corne de rhinocéros sur leur nourriture ou la sniffent pour étaler leur richesse. C'est grotesque mais c'est à peine différent de ce que tout le monde fait dans les pays industrialisés : saccager le monde vivant pour une consommation inutile.
Cet essor ne s'est pas produit par accident. Nos vie ont été réglées et formatées pour l'encourager. Les gouvernements suppriment les taxes, dérégulent les affaires et manipulent les taux d'intérêt pour stimuler les dépenses. Mais les responsables de ces politiques se posent rarement la question de la finalité de ces dépenses. Lorsque tous les besoins et désirs concevables ont été satisfaits, la croissance dépend de la vente du totalement inutile. La solennité de l'Etat, sa puissance et sa majesté sont attelés à la tâche de nous livrer Terry la tortue qui dit des gros mots.
Des hommes et femmes matures consacrent leur vie à la fabrication et à la commercialisation de ces ordures et dénigrent l'idée de vivre sans. "J'ai toujours tricoté mes cadeaux" dit une femme dans une publicité pour une prise électronique, le narrateur lui répond "vous ne devriez pas". Une publicité pour la dernière tablette de Google montre un père et son fils campant dans les bois. Leur joie provient des fonctions spéciales du Nexus 7. Les meilleures choses dans la vie sont gratuites mais certains ont trouvé le moyen de nous les vendre.
La croissance des inégalités qui a accompagné ce boom de la consommation fait en sorte que la marée montante économique ne soulève plus tous les bateaux. Aux USA, 93% de la croissance des revenus concerne le 1% de la population la plus riche. La vieille excuse consistant à dire qu'il faut foutre la planète en l'air pour aider les pauvres ne tient tout simplement pas. Pour quelques décennies d'enrichissement supplémentaire pour ceux qui possèdent déjà plus d'argent qu'ils ne peuvent en dépenser, les perspectives de tous les autres habitants de cette planète sont revues à la baisse.
Les gouvernements, les médias et les annonceurs ont si bien associé consommation avec prospérité et joie que tenir ce genre de discours anticonsumériste vous expose à l’opprobre et au ridicule. On associe souvent l'idée de consommer moins à de l’autoritarisme. Lorsque le monde devient fou, ceux qui résistent sont dénoncés comme des timbrés.
Cuisinez-leur un gâteau, écrivez-leur un poème, donnez-leur un baiser, racontez-leur une blague, mais pour l'amour du ciel cessez de foutre la planète en l'air pour dire à quelqu'un qu'il compte pour vous car en fait c'est tout le contraire."
Le texte d'origine de George Monbiot en anglais ici.
Le texte traduit ici. Merci à pour la traduction !
UBUNTU - Je suis parce que nous sommes
Un anthropologue a proposé un jeu à des enfants d'une tribu africaine.
Il a mis un panier plein de fruits près d'un arbre et a dit aux enfants que le premier arrivé remportait le panier.
Quand il leur a dit de courir, ils se sont tous pris par la main et ont couru ensemble, puis se sont assis ensemble profitant de leurs friandises.
Quand il leur a demandé pourquoi ils n'avaient pas fait la course, ils ont répondu :
« UBUNTU, comment peut-on être heureux si tous les autres sont tristes ? »
« UBUNTU » - dans la culture Xhosa - signifie : «Je suis parce que nous sommes ».
La télé manipule les cerveaux
« Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective 'business', soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit.[…] Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible.[…] Rien n'est plus difficile que d'obtenir cette disponibilité. C'est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l'information s'accélère, se multiplie et se banalise…
[…]
La télévision, c'est une activité sans mémoire. Si l'on compare cette industrie à celle de l'automobile, par exemple, pour un constructeur d'autos, le processus de création est bien plus lent ; et si son véhicule est un succès il aura au moins le loisir de le savourer. Nous, nous n'en aurons même pas le temps ! […] Tout se joue chaque jour sur les chiffres d'audience. Nous sommes le seul produit au monde où l'on 'connaît' ses clients à la seconde, après un délai de vingt-quatre heures[]. »
Patrick Le Lay, juillet 2004
http://bap.propagande.org/
http://observatoiredelapublicite.fr/
http://blog.aydree.com/index.php?article73/la-publicite-tue
Comment la TV commerciale manipule les cerveaux. L'article ici
Les déboulonneurs ici
Quand jardiner ... tue
Un article de Sylvain Tesson
Il y a les armes de destruction massive qui n'existent pas, celles qui existent bel et bien, et celles qu'on trouve dans la grande distribution. Le dimanche, virée en famille au Jardiland du coin.
On achète des plantes, des graines pour le hamster du petit, un poisson rouge (le précédent est mort la veille), du désherbant et un peu d'anti-limaces.
Le soir, on lira aux enfants les jolies histoires d'Antoon Krings pour qu'ils s'endorment en rêvant de Mireille l'abeille, Siméon le papillon, Léon le bourdon. Mais pas un mot sur l'extermination par papa et maman dans le gazon familial des petites bêtes bien réelles qui auraient pu continuer à y vivre. On devrait toujours lire la composition des produits de jardinage. Sur le dessus de la boîte, des limaces plantureuses et des rosiers éclatants. Au verso, une liste d'ingrédients à frémir: nitrate de baryum, soufre trituré ventilé, gaz SO2, diflufénicanil oxadiazon, mercaptodiméthur, phosphate férique, cyperméthrine...
A
haute voix, l'énumération a des airs d'antipoème de Prévert. Parfois,
des mentions euphémiques et paradoxales accompagnent ces gracieusetés:
"ne pas traiter en présence des abeilles" ou "attention, ce produit peut
porter atteinte à la faune auxiliaire" (sic!) ou "ne pas traiter sur un
terrain risquant un entraînement vers un point d'eau". Les carrés
rouges indiquant qu'il s'agit de produits toxiques aux irrémissibles
effets environnementaux sont imprimés en minuscule sur le fond du
paquet, à côté du prix à payer. Qui n'est pas le bon. Car le vrai prix,
c'est la nature qui s'en acquitte.
A force d'épandre ici et là des anti-liserons, anti-mousses, anti-algues, anti-lichens,anti-ronces, anti-chardons, anti-pucerons, anti-chenilles, anti-taupes, anti-souris, anti-volants, anti-rampants, anti-tout pour obtenir des jardins aussi tristes qu'une moquette, c'est la totalité du territoire qu'on empoisonne et le printemps qu'on rend silencieux. Conseil aux jardiniers: pour faire des économies, coulez une dalle de ciment sur l'herbe.
Les analystes politiques ne cessent de proclamer qu'il faudra des décennies pour réduire l'impact écologique de l'industrie lourde, de l'agroalimentaire, de la surpêche... Soit. Visons donc de modestes objectifs et exigeons l'interdiction de la vente libre de tonnes de poisons à des millions de particuliers désireux de tenir leur jardin en laisse. Bayer CropScience, Fertiligène, BHS, Capiscol et Monsanto ne feront point faillite parce qu'on épargne les pissenlits. Ou alors, il faudra modifier les histoires qu'on raconte aux enfants. Leur dire la guerre chimique qu'on pratique dans les gazons et leur décrire les petites bêtes succombant aux hémorragies, trouble du système nerveux et autres raffinements concoctés pour la gloire du jardin moderne. Ou encore, il faudra leur expliquer qu'en plus de polluer, on les trompait lorsqu'on leur racontait des histoires au lit, le soir.
Sylvain Tesson est géographe et écrivain (récits d'aventures).
L'article "jardiner tue" ici.
Il y a les armes de destruction massive qui n'existent pas, celles qui existent bel et bien, et celles qu'on trouve dans la grande distribution. Le dimanche, virée en famille au Jardiland du coin.
On achète des plantes, des graines pour le hamster du petit, un poisson rouge (le précédent est mort la veille), du désherbant et un peu d'anti-limaces.
Le soir, on lira aux enfants les jolies histoires d'Antoon Krings pour qu'ils s'endorment en rêvant de Mireille l'abeille, Siméon le papillon, Léon le bourdon. Mais pas un mot sur l'extermination par papa et maman dans le gazon familial des petites bêtes bien réelles qui auraient pu continuer à y vivre. On devrait toujours lire la composition des produits de jardinage. Sur le dessus de la boîte, des limaces plantureuses et des rosiers éclatants. Au verso, une liste d'ingrédients à frémir: nitrate de baryum, soufre trituré ventilé, gaz SO2, diflufénicanil oxadiazon, mercaptodiméthur, phosphate férique, cyperméthrine...
A force d'épandre ici et là des anti-liserons, anti-mousses, anti-algues, anti-lichens,anti-ronces, anti-chardons, anti-pucerons, anti-chenilles, anti-taupes, anti-souris, anti-volants, anti-rampants, anti-tout pour obtenir des jardins aussi tristes qu'une moquette, c'est la totalité du territoire qu'on empoisonne et le printemps qu'on rend silencieux. Conseil aux jardiniers: pour faire des économies, coulez une dalle de ciment sur l'herbe.
Les analystes politiques ne cessent de proclamer qu'il faudra des décennies pour réduire l'impact écologique de l'industrie lourde, de l'agroalimentaire, de la surpêche... Soit. Visons donc de modestes objectifs et exigeons l'interdiction de la vente libre de tonnes de poisons à des millions de particuliers désireux de tenir leur jardin en laisse. Bayer CropScience, Fertiligène, BHS, Capiscol et Monsanto ne feront point faillite parce qu'on épargne les pissenlits. Ou alors, il faudra modifier les histoires qu'on raconte aux enfants. Leur dire la guerre chimique qu'on pratique dans les gazons et leur décrire les petites bêtes succombant aux hémorragies, trouble du système nerveux et autres raffinements concoctés pour la gloire du jardin moderne. Ou encore, il faudra leur expliquer qu'en plus de polluer, on les trompait lorsqu'on leur racontait des histoires au lit, le soir.
Sylvain Tesson est géographe et écrivain (récits d'aventures).
L'article "jardiner tue" ici.
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